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Les concerts annulés

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Jean Michel Jarre a su triompher de nombreuses entraves artistiques, politiques et économiques pour mener à bien ses concerts à travers le monde au fil des années. Malgré cela, un certain nombre de projets de représentations, réalisables ou chimériques, ont dû être annulées. En voici la liste des principaux :
Avant le concert de la Concorde, Jarre détaille plusieurs idées de concerts originaux. Les anglais sont même prêts (déjà à l’époque) à le recevoir pour les réaliser sous une forme ou une autre. Ainsi, un spectaculaire musical et pyrotechnique à Paris sur la Seine est évoqué. Il ne verra jamais le jour le 21 mars 1979, jour de l’équinoxe cette année-là. Continuer la lecture de Les concerts annulés

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Jean-Michel Jarre et l’Australie : un rêve d’enfant

Le projet de concert de Jarre sur le continent australien se concrétise. Depuis plusieurs mois déjà, le bruit court d’un méga-concert devant le skyline de Perth. Un spectacle musical dans la veine de ce que le musicien a réalisé à Houston il y a 25 ans !

En septembre 2011, déjà, le compositeur est à Perth pour monter son projet. Mais cela fait déjà bien plus longtemps qu’il rêve d’Australie…

“S’envoler pour l’Australie, boxer avec les kangourous, courir les grands espaces, c’est un rêve d’enfant…”


Cinéma et instruments australiens


Le compositeur se rapproche une première fois du sous-continent en 1981 quand des extraits de son album “Oxygène” sont empruntés par le jeune réalisateur australien Peter Weir (Witness, Le cercle des poètes disparus, The Truman show, etc.) qui vient de réaliser le film “Gallipoli”, avec son compatriote alors inconnu : Mel Gibson. On y voit les deux jeunes héros du film s’époumoner à courir dans le désert australien aux sons d’”Oxygène 2″.

A la même époque, Jean-Michel Jarre s’offre le coûteux séquenceur CMI de la firme australienne Fairlight. Cet instrument va profondément changer sa musique, et marquer un tournant dans son parcours, puisque son utilisation va le conduire à rompre avec les ambiances éthérées d’”Oxygène” et d’”Equinoxe”.

Les échantillonnages permis par le nouveau joujou vont donner les ambiances mécaniques des “Chants Magnétiques”, mais surtout les onomatopées humaines de “Zoolook”. Parmi les voix “samplées” sur cet album, des chants aborigènes ! Quand l’art oral dans ce qu’il a de plus ancestral rencontre la technologie d’un même pays dans une démarche artistique originale… Jarre est tellement emballé par cette découverte qu’il donne à l’un des titres de l’album le nom d’un quartier aborigène de Sydney : Wooloomooloo (qui signifierait “jeune kangourou”) !

“Mon dernier disque, Zoolook, m’a donné envie de rencontrer les aborigènes, leurs cris, le son de leurs instruments – l’étonnant didjeridu – et de confronter l’Australie à mon imagination.”


Le voyaqe initiatique


C’est ainsi que le musicien part en 1985 avec son épouse d’alors, l’actrice Charlotte Rampling, pour un périple à la découverte de la contrée de ces incongruités animales que sont le koala, le kangourou, et l’ornithorynque. Jarre consigne ses impressions dans un carnet de voyage :

“Est-elle [l’Australie] vraiment magique ? (…) Le pays des aborigènes, de Sydney, des nouveaux synthétiseurs – que j’utilise pour chacun de mes disques, depuis Oxygène jusqu’au dernier est aussi celui de Mad Max, film populaire s’il en est. La culture du Pacifique se réveille et souffle jusqu’à nous. On ne peut pas la manquer. Le deuxième objectif du voyage, le plus excitant, le plus délicat, le plus complexe : rencontrer les aborigènes, peuple fier, ancien et devenu méfiant, qui ne se laisse plus approcher. Je veux retourner aux origines de la musique, à ses cris authentiques, aux sons polis par les siècles, aux instruments millénaires qui nous relient aux nuits de l’humanité.”

Le couple d’artistes rencontre finalement, non sans difficultés tant les préjugés sont alors encore tenaces, les Aborigènes :

“Leurs coutumes, leur discipline, leur chaleur, leur rigueur morale même, nous auront surpris. Ce rappel à notre origine, nous l’avons pleinement ressenti à travers leur musique, leurs chants, leurs lois. Farouches ? Non. Mais ils ne veulent plus survivre. Ils veulent vivre, en Australie.”

Et puis, lors de ce voyage, le compositeur découvre, émerveillé, le fameux monolithe d’Ayers Rock :

“Cinq heures d’avion pour une image choc : un bloc rouge immense, posé sur un sol lunaire comme un décor de théâtre. Rien autour. Des couleurs d’ocre et de rouge. C’est le centre géométrique du pays. Pour les aborigènes, il est tombé du ciel. (…) La région d’Ayers-Rock est si fascinante que notre émotion est à son comble. Les couleurs sont si vives, la terre si brique, le ciel si bleu que Charlotte est forcée de fermer le diaphragme de son appareil photo au maximum, alors qu’il n’y a pas de soleil. Le lieu semble éternel, le ciel sorti d’un télescope tant il est chargé de symboles. Disons le mot : l’atmosphère est mystique.”

La forte impression exercée par ce paysage sur Jarre va le conduire quelques années plus tard à envisager l’impossible : un concert à Ayers Rock ! Ce projet des années 90 restera, hélas ! dans ses cartons. Mais Jarre est obstiné et certaines de ses idées ne se concrétisent que tard…

Alors, un concert à Perth pour se consoler de l’inaccessibilité du rêve de jouer devant le monolithe rouge ? Peut être pas. Car le concert, devant le skyline de Perth, pour un budget annoncé de 10 millions de dollars, promet d’être un spectacle unique comme seul Jarre sait en faire quand il en a les moyens et les idées. Deux conditions qui semblent se réunir.

::Vidéos::
“Oxygène part 2” dans le film Gallipoli (de 6’50 a 8’15) : Voir sur YouTube

::Sources::
Citations du Figaro Magazine du 07/09/1985.

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