EMS VCS3

EMS VCS3 (1969)

EMS VCS3 (1969)Le Voltage Controlled Synthesizer 3 oscillateurs, autrement connu sous l’acronyme VCS3 et sous le nom de The Putney, est un synthétiseur modulaire portable conçu par Peter Zinovieff, Tristram Cary (design) et David Cockerell, et commercialisé dès 1969 par la société anglaise EMS (Electronic Music Studio) installée à Londres.

La grande originalité de l’instrument résidait dans sa compacité. Face aux modulaires commercialisés depuis 1967 par Moog et qui avaient la taille d’une armoire normande, le VCS3 avait grosso modo la taille d’un attache-case ouvert.

Autre différence, là où le “patchage” des modules sur les Moog se faisaient par des cables, le VCS3 utilisait un système de matrice simple avec les sources de modulation en colonne et les destinations en ligne. Pour relier un module à un autre, il suffisait d’insérer une petite fiche dans la matrice : simple et moins encombrant qu’un câble.

La compacité de l’instrument n’ôtait en revanche rien à sa puissance : avec trois oscillateurs (dont un pour les basses fréquences), un générateur de bruit blanc/rose, un filtre passe-bas 18db/octave et un modulateur en anneau, il y avait de quoi faire. Qui plus est, il disposait d’une entrée audio qui permettait de faire passer n’importe quel son par les circuits du VCS3 – ce que faisait par exemple Brian Eno du temps de Roxy Music. Enfin, il disposait d’une petite réverb intégrée.

En revanche, l’instrument était vendu sans clavier. Pour jouer de l’instrument, on disposait d’un joystick et d’un bouton… pas facile pour jouer des notes. Il existait cependant un clavier optionnel, le DK-1.

Le VCS3 a été très longtemps fabriqué ; il l’était encore il y a deux ans, sur demande exclusivement, pour un prix avoisinant les 3000 Euros.

Dès sa sortie, l’instrument connut un certain succès. Parmis ses plus célèbres utilisateurs, outre Brian Eno, déjà cité et qui continue toujours à l’utiliser de nos jours, citons François de Roubaix, Tangerine Dream (album “Phaedrea” de 1973) et Rick Wright de Pink Floyd (albums “Dark Side Of The Moon” et “Wish you were here”).

Ce fut le premier synthé que Jean-Michel Jarre posséda. Il l’utilisa dès “AOR” en 1971 et ne s’en est jamais séparé depuis. Les sons de vents, la mélodie et les sons style “laser Starwars” de “Oxygène part 2” ainsi que bon nombres d’effets sonores ont été réalisés sur VCS3 – et le frère jumeau de celui-ci, l’AKS.

“Ca, c’est le premier synthé que j’ai eu. J’avais vendu ma guitare et mon ampli et j’étais parti à Londres pour acheter le premier synthé européen existant, le VCS3. La moitié d’Oxygène a été faite avec ça” (AFP 14/10/2015)

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