Moog Liberation

Moog Liberation (1981)

Moog Liberation (1981)Fin des années 70, début des années 80, les synthétiseurs commencent à vraiment s’implanter dans le set de matériel habituel de pas mal de groupes. Il n’est pas rare de voir un musicien caché derrière une montagne de claviers empilés les uns sur les autres. Mais pourquoi le synthétiste n’aurait il pas droit à son quart d’heure de gloire ? Comment pourrait il aller sur le devant de la scène pour balancer son petit solo sous le feux des projecteurs, à l’instar du guitariste, quand on sait que le moindre synthétiseur pèse dans les 10 kg et n’est pas fait pour petre transporté ?

Fort heureusement, Moog est là. Après avoir pensé à occuper les pieds des joueurs de synthé avec le Taurus en 1976, Moog leur permet dès 1981 de s’extirper de leur mur de machines grâce au Liberation.

En ce début des années 80, Moog commence à avoir de grandes difficultés. Son âme, Robert Moog, a quitté le navire depuis 1975, plus ou moins chassé par le repreneur et plus ou moins en désaccord sur l’avenir de la boite qu’il a fondée. La concurrence, inexistente en 1967, est là et même bien là : on compte une bonne vingtaine de fabriquants dont pas mal de japonais qui ont produit des machines grand public, bien moins chères que les Moog. Les premiers synthétiseurs contrôlés par microprocesseur apparaissent, mais le premier modèle de Moog, le The Source, un monophonique, n’a pas convaincu grand monde. Alors Moog cherche encore à se démarquer : il commercialise une sorte de version simplifiée du Minimoog, le modèle The Prodigy (qui donnera son nom au fameux groupe de techno, soit dit en passant), qui rencontre un certain succès, et dans la foulée, a donc l’idée du Liberation, une version dotée d’un manche et qui se porte en bandoulière, comme une guitare.

Monophonique, utilisant deux oscillateurs, son architecture interne est identique à celle du Prodigy, mais se voit adjoindre un générateur de bruit et un modulateur en anneau. Comme le Prodigy, cet instrument a le “son” Moog qui a fait sa réputation. Il est simple à utiliser, et en plus il est portable ! Le manche est doté d’un “Ribbon Controller”, un ruban plat, sur lequel le musicien fait glisser les doigts de la main gauche : le ruban remplace la molette de “pitch bend” (pour faire varier la hauteur du son) et celle permettant d’agir sur la modulation (pour faire viber le son). Le clavier était relié à un boiter par un cable spécifique (qui valait à lui seul une vraie fortune !!!) qui contenait une partie de l’electronique.

En fait le seul hic de ce clavier, c’est son poids. Fait de métal et de bois, il avoisine les dix kilos. Difficile de faire son Hendrix avec… Cela reste néanmoins un bon instrument, mais un synthétiseur somme toute assez simplifié. Il a connu un petit succès à l’époque, et on a pu voir des groupes comme Devo ou Kool and The Gang se promener sur scène en portant un Liberation.

Jean-Michel Jarre l’a utilisé sur les Concerts en Chine. Plus précisément, c’est Dominique Perrier qui en a joué, notamment pour les solis, dont le plus notoire est le final des “Chants Magnétiques 2”.

Article rédigé par Knarf the Dwarf.

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