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France Pejot (1914-2010)

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Jean-Michel Jarre, Maurice Jarre et France Pejot

France Pejot (ou « Francette Pejot »), est née le à Lyon dans le deuxième arrondissement. C’est une femme qui s’est enrôlé très tôt dans la Résistance française et a été capturée plusieurs fois et déportée. Elle s’est mise en couple avec le compositeur Maurice Jarre en mars 1946. Ce dernier souhaitant poursuivre sa carrière aux États-Unis, le couple divorce cinq ans plus tard; elle élève son fils seul et s’installe à Vanves, dans la banlieue parisienne. Elle travaille aux Puces de Vanves où elle vend (avec son fils, occasionnellement) des vêtements pour le cinéma et le théâtre. Puis, au décès de leur mère, France Pejot et sa sœur Raymonde s’occupent avec leur père de son commerce “La lingerie pratique” qui se situe rue Emile-Zola, entre les places Bellecour et Jacobins dans le deuxième arrondissement de Lyon.

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France Pejot et Jean-Michel Jarre chez lui en 1987

Durant l’Occupation, France Pejot se nourrit des informations clandestines de la Résistance, comme Radio Londres ou le journal de la Résistance Le Franc-Tireur, organe dont elle deviendra membre en janvier 1942, en tant qu’agent de liaison, sorte de “facteur” qui dépose des courriers aux membres du réseau. Ensuite, elle devient la secrétaire de Jean-Pierre Lévy, le responsable du mouvement Franc-Tireur. Son appartement au quatrième étage du numéro 4 de la place des Jacobins et sa boutique de lingerie sont une des bases du réseau. En 1942, elle fait échouer l’arrestation de son chef en attirant les soupçons sur elle.

“Dès 1942, France Jarre recevait de Londres sa médaille de la Résistance que Charles De Gaulle lui avait fait envoyer et qu’elle reçut d’un parachutiste. Elle devait être la première femme résistante ainsi récompensée.” (Télé 7 jours, 1er juin 1987)

Elle a rencontré Jean Moulin deux fois, comme le rappelle son fils: “C ‘est France Jarre qui, la première, a accueilli Jean Moulin lorsqu’il est venu à Lyon, puis elle a été déportée a Ravensbruck.” (Télé 7 jours, 1er juin 1987)

Sa vie sous l’Occupation a été un véritable jeu du chat et de la souris, ponctuée d’arrestations et d’emprisonnements. En effet, elle a été interpellée le 24 octobre 1942 par la police française qui l’emprisonne jusqu’en février 1943 à la prison Saint-Joseph de Lyon, puis la relâche. Fin 1943, elle échappe à l’arrestation de la milice en courant dans le noir à travers les traboules du vieux Lyon pour ensuite monter à Paris rejoindre le réseau “Franc-Tireur” local. Le 30 juin 1944, au 180 rue de la Pompe, elle est arrêtée par les nazis, avec ses camarades résistants et est déportée par le dernier convoi du 25 août vers le camp de concentration de Ravensbrück (là même où fut envoyée Germaine Tillion) où elle passera huit mois.

Lorsqu’à la fin avril 1945, le camp est évacué avant l’arrivée de l’Armée Rouge, France parvient, avec cinq camarades, à s’échapper dans un bois vers le centre de rapatriement de Leipzig d’où elle retourne en France en voyageant sur le toit d’un wagon en baissant la tête à chaque tunnel.

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France Pejot, Jean-Michel Jarre et Charlotte Rampling en 1979 au Concert de La Concorde.

Gérard Collomb, sénateur du Rhône et maire de Lyon, déclare en mai 2010 à l’occasion des cérémonies célébrant la Victoire du 8 mai 1945 : « France Pejot était une héroïne de la Résistance ». En septembre 2018, le conseil municipal de Lyon vote à l’unanimité pour qu’une rue lyonnaise porte son nom. Il s’agit d’un passage reliant la place Carnot et la place des Archives entre le cours de Verdun Gensoul et la rue Dugas Montbel, dans le deuxième arrondissement. C’est d’ailleurs cet événement qui a fait commencer à Jean-Michel Jarre son autobiographie.

Jean-Michel Jarre dresse un portrait tout en cocasserie de sa mère à l’émission de France 2 C’est votre vie en présence de celle-ci:

“Elle a essayé de me donner un peu de son humour et de sa tolérance”. (…) “C’est quelqu’un d’extrêmement distrait. Par exemple, au lieu de prendre son sac à main, elle prenait la poubelle.”

France Pejot a accompagné son fils sur le site de nombreux concerts, même à un âge avancé. Son fils faisait sa fierté et c’est elle qui surnommait son fils “Jamie”.

Dès qu’il en a eu les moyens, Jean-Michel a logé sa mère dans un plus grand appartement.

Elle décède à l’âge de 95 ans, le , dans un hôpital de Perpignan. Le 6 mai, Jean-Michel écrit sur son blog:

“Ma mère s’en est allé le 21 avril… c’est triste, douloureux, un garçon pense toujours que sa mère est éternelle.” (Source)

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