Linn LM1 Linndrum - linn-9000

Linn LM 1 / LinnDrum / Linn 9000

Linn LM 1 / LinnDrum / Linn 9000Dans les années 70, les boites à rythmes sont très rudimentaires. La plupart proposent des rythmes préenregistrées auxquels on peut apporter quelques infimes variations ; les machines avec lesquelles on peut réellement créer ses rythmes se comptent sur les doigts d’une main. Parmis elles, on trouve la fameuse EKO Rythm Computer. Mais qu’elles soient ou non programmables, toutes ont un point commun : les sons sont générés synthétiquement, ils se contentent d’imiter les sons de batterie / percussion, avec un realisme très relatif.

Tout cela change à l’orée des années 80. En 1979, Fairlight lance le premier échantillonneur : désormais, il est possible de capter des sons réels et de jouer avec.

Roger Linn est alors un guitariste qui a envie de s’accompagner d’un boite à rythme, mais il ne trouve rien qui lui convienne. Comme il est aussi ingénieur en électronique, il se lance dans la conception d’une machine programmable et utilisant des sons de batterie numérisés. Il décide alors de la commercialiser, en 1980, fondant sa société, Linn Electronics, et appelant sa machine Linn Machine 1 ou LM-1.

La LM-1inclut 12 sons échantillonnés : grosse caisse, caisse claire, trois toms, charleston (ouvert et fermé), tambourin, congas, cloche, rimshot (coup frappé sur la bord de la caisse claire) et le fameux “clap”, le claquement de main qui deviendra vite mythique…

Pour cette machine, Roger Linn a aussi inventé un concept essentiel de la programmation de boite à rythme : les notions de “pattern” (qu’on peut traduire par “schéma”) et de “song” (ou “chanson”). Un pattern est une courte phrase rythmique de maximum douze instruments sur 16 pas. Une song est un ensemble de plusieurs patterns mis bout à bout. La machine peut contenir 100 patterns et 8 songs. Elle propose aussi des fonctions de “quantisation” (calage sur les temps rythmiques les plus proches, très pratique pour ceux qui programment la machine en temps réél et ont des notions de rythmique approximative) et de “swing” (qui a pour but d’obtnir un rendu moins mécanique).

Ces principes, évidents aujourd’hui, étaient aussi des innovations à cette époque. La LM-1 s’est vendu à quelques 500 exemplaires.

Deux ans plus tard, il lance la LinnDrum. Outre l’ajout de deux instruments (cymbales crash et ride), la qualité des échantillons est grandement améliorée. Si elle peut toujours jouer douze sons simultanément, il est désormais possible de régler pour chaque “piste” : la hauteur du son, son volume, et son positionnement panoramique “droite/gauche”. Il est aussi possible de déclencher les sons par un système de déclencheurs (triggers) relié à une vraie batterie. Un système de cartouche permettait de remplacer les sons existants par d’autres sons échantillonnés.

Elle se vendit environ à 5000 exemplaires jusqu’en 1985. Ses sons se retrouvent dans bon nombre de production de ces années là. Parmis ses principaux utilisateurs, Prince et Peter Gabriel. Ce dernier en fit un usage particulièrement intensif sur son quatrième album solo ; sa chanson “Shock the monkey” est une véritable démonstration des capacités de la LinnDrum.

En 1985 arrive la Linn 9000. On passe à 18 sons, un séquenceur intégré de 32 pistes, des “pads” sensibles à la pression, un section mixage et un réglage précis de l’ouverture / fermeture des charlestons. En option, on pouvait avoir une interface SMPTE (qui se prononce “simmpti”, signifie “Society of Motion Picture and Television Engineers”,et est une norme pour la synchro son/image), un lecteur de disquette… et une fonction d”échantilonnage pour ajouter ses propres sons ! C’était indéniablement un machine très en avance sur son temps. Mais elle souffrait de très gros bugs et coutait horriblement cher. Elle se vendit mal, un peu plus de 1000 exemplaires. Linn était un excellent technicien, mais un mauvais gestionnaire. Sa société ferma en 1986, juste après avoir lancé le Linn Sequencer, qui resta à l’état de prototype.

La société Akaï fit appel à ses grandes compétences techniques et lança en 1987 la MPC 60 estampillée “Roger linn”, une machine qui reprenait bon nombre de fonctionnalités de la Linn 9000, en plus fiable et en deux fois moins cher. Ce fut un énorme succès. Mais, comme dit l’autre, ceci est une autre histoire…

Jean-Michel Jarre utilisa toutes les machines commercialisées par Linn. La LM1 servit pour “Les Chants magnétiques”. La LM1 et la LinnDrum furent utilisées sur “Zoolook” (dans la liste du matériel, sur la pochette, elles apparaissent comme “Linn 1” et “Linn 2”). On les entend particulièrement sur “Zoolookologie”, les fameux “claps” sont excellemment utilisés ! Les Linn sont aussi chargées de la section rythmique sur le mythique “Moon Machine”.

Quant à la Linn 9000, elle fut utilisée sur “Rendez Vous” (sur la pochette duquel il me semble qu’elle était orthographiée “Lynn 9000”). Par la suite, notamment sur “Révolutions”, il utilisa la MPC60.

Article rédigé par Knarf the Dwarf.

Nombre de consultations de cet article : 395