Mellotron M400

Mellotron M400

Mellotron M400Les origines du Mellotron sont assez rocambolesques…
Au départ, on trouve un ingénieur californien, Harry Chamberlin, qui, se basant sur les recherches de Hugh LeCaine sur l’utilisation des bandes magnétiques dans la musique, commercialise un clavier à bandes magnétiques au début des années 60. Pour développer son affaire, il cherche des aides du côté des industriels. Il se fait aider par un agent commercial, Bill Fransen, qui part en Angleterre faire du démarchage avec deux claviers. Il y trouve les frères Bradley (Frank, Norm et Lesley) qui sont prêts à développer l’idée au sein de leur société, la Bradmatic Ltd. Ils fondèrent alors la société Mellotronics qui commercialisa les premiers Mellotron… sans l’autorisation de Chamberlin ! Il en résulta une suite de batailles juridiques dont finalement Mellotronic sortit (provisoirement) vainqueur. Chamberlin continua a fabriquer des instruments de son côté.

:: Qu’est ce qu’un Mellotron ? ::
A la base, c’est un instrument electro-mécanique doté d’un clavier polyphonique. Au coeur du système, on trouve une banque de bandes magnétiques audio contenant chacune huit secondes de son. A chaque touche du clavier correspond une tête de lecture de bande et une bande. Quand l’utilisateur presse une touche, la tête de lecture entre en contact avec la bande, et la bande défile. Quand la touche est relâchée, oiu quand la bande arrive au bout, la bande est instantanément rembobinée par une système de ressort. On peut donc considérer le Mellotron comme le premier lecteur d’échantillons. Sur chaque bande était enregistrer un son d’instrument qui jouait la note correspondante : la conception d’une bande de sons était dont très compliquée, et ne pouvait être faite qu’en studio. Sur les derniers modèles, sur chaque bande se trouvaient jusqu’à 3 sons : pour passer de l’un à l’autre, il fallait tourner un bouton, qui décalait toutes les têtes de lecture.

On disposait ainsi de sons de flute, de voix, de violon, de cuivres. Les premiers modèles (MK1 et MK2) avaient deux petits claviers côte à côté : le clavier de droite permettait de jouer les sons, et celui de gauche permettait de faire jouer des rythmes pré-enregistrés. Il y eut un modèle, fabriqué pour la BBC, qui ne contenait que des effets sonores !

Le modèle M400 est certaienement de tous les Mellotron le plus connu. Les précédents modèles étaient très encombrants et en bois. Le M400 était fait de plastique et était d’avantage portable. De plus, il était possible de changer la bande complète de bandes relativement facilement.

Le Mellotron rencontra un succès assez considérable, malgré sa fragilité mécanique. Ses sons orchestraux étaient très prisés et, avec quelques traitement sonores, firent les beaux jours du rock progressif dans les années 70. Ecoutez les disques de King Crimson (“In the court of the Crimson King” , “Red”), The Bee Gees, Genesis (“The lamb lies down on broadway”), Yes, Alan Parson, Tangerine Dream, Procol Harum et même les Beatles (“Strawberry fields”). L’exemple le plus réussi d’utilisation du Mellotron est l’album “Epsilon in Malaysian Pale” d’Edgar Froese, le fondateur de Tangerine Dream.

Après l’apparition des échantilonneurs, le Mellotron disparut des studios et scènes. La société Mellotronics disparut, et ses activités furent reprises par la société Novatron.

Avec le regain d’intérêt pour les instruments vintage des seventies qu’éprouvent aujourd’hui des groupes comme Radiohead, Air ou Porcupine Tree, le Mellotron connait un regain d’intérêt. La société Novatron commercialise de nos jours le Mark VI, un Mellotron doté de composants moins fragiles, pour 4000 Euros. La société allemande Manikin Electronic commercialise pour bien moins cher le Memotron, un Mellotron numérique, qui reprend les sons des Mellotrons sans les inconvénients mécaniques de ceux-ci. Enfin, l’éditeur GMedia commercialise le M-Tron, un logiciel pas cher du tout qui émule admirablement bien le M400.

Notre Jean-Michel Jarre national a utilisé le Mellotron sur “Oxygène” et “Equinoxe”, essentiellement pour les sons de choeurs. Il le rangea dans sa cave par la suite et ne le ressortit que pour “Oxygène 7-13” et la tournée qui suivit – ceux qui y ont assisté se souviennent du final, “Oxygène 13” qu’il jouait rpesque tout seul… au Mellotron. Et sur le DVD “Oxygène in you living room” et la tournée qui a suivi, c’est l’excellent Dominique Perrier qui est au Mellotron.

Article rédigé par Knarf the Dwarf.

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