Gesaffelstein_1b

Gesaffelstein (Mike Lévy) (2015)

Mike Lévy, alias Gesaffelstein (contraction de Gesamtkunstwerk, l’oeuvre d’art absolue, titre d’un album de Dopplereffekt, et Einstein, à cause d’une biographie qu’il a dévoré), est un DJ et producteur français né le 15 février 1984 à Lyon. Ado, il découvre la techno à l’écoute du titre “Flash” de Green Velvet. Après avoir quitté l’école à 16 ans, il tombe amoureux de la synthèse analogique sur les quelques machines de son voisin qu’il tripote en autodidacte. S’il hésite longtemps entre art graphique et musique, il se passionne très vite pour le travail de studio, l’exploration des instruments dont il dévore les notices, la technique de production, jusqu’à la maniaquerie et l’obsession.

Il devient DJ et se crée son personnage de “prince noir” : immobile et muet derrière le pupitre de ses machines, toujours tiré à quatre épingles dans les volutes de sa clope au bec, il se donne cet air de dandy impassible qui détonne avec ces confrères. “Gesa” produit son premier maxi 4 titres “Vengeance Factory” en 2008. Michel Amato, alias The Hacker, qu’il aborde après un DJ-set à Paris, le prend sous son aile et devient son mentor. Ils fondent le label Zone. Suit alors une période intense de tournées des clubs, de plusieurs autres EPs calibrés pour le dance floor et une demande croissante de remixes pour des pointures comme Cassius, Miss Kittin, Moby, Lana Del Rey, Justice, Depeche Mode… Le succès discographique vient avec son maxi “Variations” sorti fin 2010. Un nouveau chapitre s’ouvre…

En 2011, Lévy s’associe avec Brodinski qui vient de créer son label Bromance. Un an plus tard, son morceau “Viol” est utilisé pour la publicité. En 2013, il participe à la production de deux titres de l’album “Yeezus” de Kanye West avec Daft Punk et Brodinski. La même année, il publie son premier album “Aleph” chez EMI : 14 morceaux où la musique se fait plus riche et plus sombre et ne se contente plus du seul son “club”. Les sonorités froides, mais subtiles, rappellent Kraftwerk et The Hacker. Il donne des concerts à l’Olympia et au Zénith.

“J’aime les atmosphères de musiques de films, les mélodies : le dance-floor n’a jamais été une fin en soi. Les puristes, je m’en fous. J’ai utilisé la techno, son économie, sa marginalité par rapport à l’industrie parce que je savais que ça serait la façon la plus simple de distribuer ma musique. Mais la techno, ce n’est qu’une partie de ce que j’aime. L’underground, ça me fait penser à ces mecs qui ne vendent pas de disques et qui en font une philosophie. Je n’y crois pas une seconde. C’est ce genre d’attitude qui a appauvri la musique populaire.” (www.lesinrocks.com, 13.11.2013)

Le genre de discours qui ne déplairait pas à un certain Jean-Michel Jarre avec qui il a en commun d’être natif de Lyon et d’admirer l’oeuvre du peintre Pierre Soulages. Jarre et Gesaffelstein sont tous deux aux Nuits sonores à Lyon en 2012 à une période où le créateur d’Oxygène prépare un album de collaborations. Ils se revoient à Los Angeles pour travailler ensemble. Annoncé dès juin 2014 par DJ mag, leur travail commun a été officialisé le 18 avril 2015 par la mise en vente sur la plate forme Beatport du single 3 titres “Conquistador” extrait du prochain album de Jarre.

“Sa musique est dans l’inconscient collectif. C’est un classique de la musique électronique. (…) Quand j’ai commencé à faire de la musique je suis allé regarder vers un peu les pionniers de la musique électronique pour m’intéresser surtout au travail des synthétiseurs et à la technologie de l’époque et comment ça fonctionnait, donc forcément je suis tombé sur Jean-Michel Jarre, Kraftwerk…”(Track story youtube.com 20.04.2015)

Site officiel : http://www.gesaffelstein.com/

::Vidéo::
“Jean-Michel Jarre with Gesaffelstein – Track Story” à voir sur YouTube

::Participations aux albums::

  • 2015 – Electronica 1 : The time machine (titre “Conquistador”)

Nombre de consultations de cet article : 934