Musikmesse de Francfort 2011

Musikmesse de Francfort 2011

Roland lance le Jupiter 80, un lointain descendant du Jupiter 8, un synthé destiné essentiellement au jeu live, avec un clavier 76 notes, des sons à n’en plus finir, 256 voix de polyphonie (pourquoi ne l’ont-ils pas appelé Jupiter 256, du coup ?), un grand écran tactile, des effets, le tout utilisant une architecture sonore multicouche appelée SuperNATURAL, le but est aussi d’avoir des sons très réalistes (et là, on s’éloigne complètement du Jupiter 8 du coup). Les sons sont répartis en catégories (piano, cuivres, basse, claviers, etc…) qui ont chacun un bouton en couleur, c’est joli comme tout. On peut répartir plusieurs jusqu’à quatre sons simultanément sur le clavier. Un des modes (« Synth modelisation») propose proposant une interface de sound design clairement inspirée du Jupiter 8 ; dans ce mode, il est possible d’utiliser, par son 3 oscillateurs par voix (avec des formes d’ondes basiques et des PCM de grande qualité). Curieusement, pour un synthé live, il propose peu de contrôleurs : quatre sliders (pour le mixage des différents parts), un arpégiateur, et l’inévitable D-Beam. Et pas de séquenceur en vue; ça n’est donc pas une workstation, mais un « vrai » synthé. A écouter, indéniablement…


> Korg Monotribe


Korg continue dans la série des petits instruments analogiques. Après le Monotron, voici donc la MonoTribe qui se compose d’un petit synthé (plus évolué que sur le Monotron) avec mini-contrôleur à ruban et un séquenceur 8 pas et quatre pistes: une piste pour le synthé et trois pistes pour de la batterie analogique (bass drum, snare, hi-hat). Autant je n’avais pas été très séduit par le Monotron (trop simpliste à mon gout), autant cette mini groove box me paraît assez séduisante sur le papier. Le prix annoncé serait de 160 Euros, mais ça n’est pas définitif.

Toujours chez Korg, signalons aussi la sortie d’un WaveDrum Mini, une version compact de leur excellent module WaveDrum, doté 100 sons, 100 patterns et 10 effets. Elle dispose d’une surface de jeu sensiblement identique à celle du modèle d’origine, mais propose en plus un capteur en forme de pince que l’on peut accrocher à n’importe quoi (table, planche, objet divers…) pour le transformer en instrument capable de déclencher les sons de la WaveDrum Mini ! MonoTribe et WaveDrum Mini fonctionnent sur secteur ou sur pile et disposent d’un haut-parleur intégré, ce qui rend ces deux appareils utilisables n’importe où. Là aussi, je dis bravo, et pourtant, je ne suis pas un grand fan de Korg.


> Yamaha MOX6 et MOX8


Yamaha continue a décliner ses workstations Motif avec deux nouveaux modèles, les MOX6 (61 notes) et MOX8 (88 notes, toucher piano). Grosse nouveauté, ces stations incluent une interface audio USB, ce qui s’inscrit dans cette nouvelle génération d’instruments qui sont à la fois des claviers maitres complets (configurés pour la plupart des plug in) et des synthés autonomes, comme les très réussis Venom de M-Audio et UltraNova de Novation.


Passons vite, très vite, sur Clavia qui, dans la série des déclinaisons qui n’en finissent plus, lance un Nord Electro 3 HP doté d’un clavier lourd type piano. Super.


> Vermona PerFourMer MKII


Beaucoup plus excitant, le nouveau PerFourMer MKII de Vermona, vieille compagnie autrefois Est-Allemande, spécialiste peu connue des synthétiseurs analogiques. Le PerFourMer MKII est un instrument se présentant sous la forme d’un desktop couvert de boutons rotatifs, et qui contient pas moins de quatre synthétiseurs entièrement 100 % analogiques qui peuvent se combiner de trois façons : quatre synthétiseurs monophoniques, 2 synthétiseurs duophoniques ou un synthétiseur polyphonique. Chaque synthé dispose d’un oscillateur (formes d’ondes : sinusoïde, triangle, carré, dent de scie), d’un générateur de bruit, d’un filtre passe bas, d’une enveloppe ADSR et d’un LFO synchronisable sur l’horloge MIDI. Le plus de la machine : chaque synthé peut servir de modulateur pour l’oscillateur ou du filtre d’un autre synthé… Moi je dis : ça promet ! La version 1 se vendait aux alentours de 900 Euros. A écouter au plus vite (chez MESI pour les franciliens), à mon avis…


> Schmidt Analog Synthesizer


Au rayon des curiosités, il faut absolument signaler le très teuton Schmidt Analog Synthesizer. Accrochez vous : polyphonie 10 voix maxi, 4 VCO par voie, 7 types de filtre, 100 boutons sur la façade (inclinable à la manière d’un Minimoog ou d’un Waldorf Wave), 60 Kg de bois et de métal, une belle bête… Arrêtez de baver : pour l’instant, ça n’est qu’un prototype ! Il n’y a que le prix qui soit à priori définitif : entre 12 000 et 25 000 €. Ouch !


> Wersi Pegasus Wing


Autre curiosité encore, le Pegasus Wing de Wersi, autre firme germanique qui fabriqua quelques synthés mais qui est surtout connue pour ses orgues très haut de gamme. Le Pegasus Wing (Aile de Pégase en français… drôle de nom) a des caractéristiques alléchantes : écran tactile, clavier 76 touches lestées, 5 moteurs de synthèses différents (sampling, tables d’ondes, soustractive, FM et modélisation d’orgue), 600 presets, 950 sons, 350 styles pour les arrangements, lecture de sons wave, MP3 et MIDI Files, stockage sur cartes SSD… on est à mi chemin entre le synthé et l’arrangeur. Pas de prix communiqué, mais tablez sur plusieurs milliers d’euros…


> Le Solaris de John Bowen


Aussi impressionnant, un vieux serpent de mer semble sur le point d’être enfin lancé : le Solaris de John Bowen va bientôt être commercialisé. Rappelons tout d’abord que John Bowen est un vieux briscard de la synthèse, puisqu’il a auparavant travaillé chez (excusez du peu) Moog, Sequential Circuits, Korg et Creamware, et pas comme stagiaire chargé de faire les cafés. Le projet Solaris est en chantier depuis quelques années. Doté d’un clavier de 61 touches, basé sur la technologie SCOPE de la défunte firme Creamware, le Solaris utilise une architecture « ouverte ». Chaque son utilise jusqu’à quatre sources sonores. Ces sources peuvent être, au choix (accrochez vous) : des oscillateurs multimodes, de la lecture de samples, de la modélisation de tables d’ondes (inspiré des PPG et Waldorf), de la FM, de la synthèse additive (rhâââa lovely) et la synthèse vectorielle (comme sur le Sequential Prophet VS, le Yamaha SY22 ou la Korg Wavestation). Bref, un sacré choix. A partir de là, chaque « modèle » a une pléthore de paramètres de toutes sortes (édition d’ondes, d’harmoniques, de fréquences…), son propre filtre, son LFO et son générateur d’enveloppe. Pour compléter le tout, il y a un LFO « global », un équaliseur trois bandes, un triple séquenceur 16 pas, des effets de toutes sortes et des modulations dans tous les sens. Pour contrôler le tout, vous imaginez bien que l’interface utilisateur doit être costaude : pas moins de 5 petits écrans LCD qui en entourent un dernier beaucoup plus grand et des tas de boutons. Le tout utilise des DSP dernière génération qui, parait-il, sont aussi ceux utilisés par des pointures du genre SSL, Euphonix, et Universal Audio, qui tournent à 96 Khz en interne et permettent d’atteindre une polyphonie de 10 voies maximum. Prix estimé de la bête ? 3600 Euros. Pas énorme compte-tenu du potentiel de l’engin. A noter que le célèbre compositeur Hans Zimmer a investi de ses propres fonds dans ce projet.


> Elektrokosmos Kosomonaut


Enfin, l’OVNI de ce salon : Kosmonaut, premier synthétiseur des helvètes de chez Elektrokosmos, et que son concepteur présente comme une « mise à jour des principes du siècle dernier avec la technologie actuelle », rien que ça. Ses caractéristiques sont assez classiques (2 VCO, 2 Filtres multimodes, 2 VCA, 2 Enveloppes, 2 LFO, 1 Ring Modulator, entrées audio, entrée CV/GATE), le moins qu’on puisse dire c’est que son interface est dépouillée : 60 boutons, 4 LEDs, et c’est tout. Et quand je dis que c’est tout, c’est que le panneau avant ne comporte aucune sérigraphie indiquant à quoi sert chaque bouton… C’est du dépouillement à l’extrême, mais j’avoue avoir du mal à imaginer cet engin utilisable. De là à penser que ça n’est qu’une ébauche de prototype…


Article rédigé par Frank Boisgontier.

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