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E-Mus Systems Emulator 1 (1982) / Emulator 2 (1984)

E-Mus Systems Emulator 1 (1982) / Emulator 2 (1984)E-mu Systems (pour Electronic MUsic) a été fondée en 1971 par Scott Wedge et Dave Rossum. Elle commença par fabriquer toutes sortes de composants électroniques, puis se lança dans la commercialisation de synthétiseurs modulaires haut-de-gamme (dont un, ayant appartenu à Frank Zappa, est visible au Musée de la Musique de la Vilette à Paris). En 1978, ils founissaient des composants à une toute jeune société, Sequential Circuits, qui s’apprêtaient à lancer le mythique Prophet 5.
En 1979, Wedge et Rossum découvrent le Fairlight CMI et voient très bien les possibilités qu’offrent l’échantillonnage. Ils se lancent alors dans la conception de leur propre échantillonneur, avec l’intention de faire une machine bien moins chère que le CMI. Pour la petite histoire, ils avaient commencé par imaginer confier la conception de leur échantillonneur à Sequentiel Circuits, qui utilisaient les circuits E-Mu. Mais peu après, Sequential cessa de s’approvisionner chez E-Mu, aussi Scott Wedge et Dave Rossum furent ils obligés de se débrouiller totu seul.

Et en 1982, ils commercialisent donc l’Emulator. Il s’agissait d’un clavier qui permettait d’échantillonner 2 secondes de son, de jouer avec sur un clavier, et de sauvegarder les sons sur des disquettes 5″1/4′ (précision pour les plus jeunes : de grosses disquettes molles qui pouvait contenir jusqu’à 256 Ko par face). Une fois échntillonné, hormis le fait de jouer avec sur le clavier, on ne pouvait pas faire grand chose d’autre avaec : i y avait un filtre très rudimentaire et la possibilité de faire une boucle simple (c’est à dire que si le musicien laissait une touche enfoncée, le son se répétait deux fois, pas plus). Il fut vendu en version polyphonique deux voies (un seul modèle de cette sorte fut vendu), quatre voies et huit voies.

Stevie Wonder, qui s’était enthousiasmé pour la machine lors de sa présentation en 1981 au NAMM (le salon de la musique américain) reçut en cadeau le numéro “001”. Dix fois moins cher que le Fairlight CMI, il s’en vendit 500 exemplaires jusqu’en 1983. Des groupes comme Depeche Mode firent leurs premières armes sur l’Emulator, qui eut un impact très important et permit à l’échantillonnage de se “démocratiser” (relativement parlant, bien sur, car l’Emulator était tout de même horriblement cher)

E-Mu Systems le remplaça en 1984 par l’Emulator II. Plus fiable que le premier modèle, il disposait de plus de mémoire et de possibilités d’édition et de traitement plus poussées. En option, on pouvait ajouter un second lecteur de disquettes et d’un disque dur de 20 Mo. L’Emulator II a été un énorme succès. Il fut un temps où la sonothèque qui lui était consacré était la plus colossale de toute la planète, jusqu’à l’arrivée des machines Akaï. Le nombre de groupes qui ont utilisé l’Emulator II est incalculable et certains rechignent toujours en 2008 à s’en séparer !

Par la suite, en 1987, E-Mu commercialisa l’Emulator III, un vrai monstre de puissance, qui fut notamment la machine de base de Depeche Mode pour “Violator”. Après avoir souffert de la concurrence d’Akaï et connu pas mal de problèmes financiers, E-Mu finit par se faire racheter par Creative Labs en 1998. Ajourd’hui, la firme commercialise des cartes audio pour PC/Mac de très bonne facture, et accompagnées de la version logicielle de l’Emulator, l’Emulator X.

Jean-Michel Jarre utilisa l’Emulator 1 sur “Zoolook” (on se demande bien pourquoi, puisqu’il avait un Fairlight). Quant à l’Emulator II, il servit pour “Rendez Vous” et “Révolutions”.

Article rédigé par Knarf the Dwarf.

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