Juvet_1

Patrick Juvet (1973-1977)

Patrick Juvet est un chanteur et compositeur suisse né le 21 août 1950 à Montreux. Musicien précoce, il entre au conservatoire de Lausanne dès l’âge de 6 ans. Il étudie ensuite les Arts décoratifs quand on lui propose à 17 ans de devenir mannequin en Allemagne. En 1971, il s’installe à Paris pour tenter une carrière dans la chanson. Son attachée de presse Florence Aboulker le présente à Eddie Barclay qui le signe. Le succès arrive en 1972 avec “Le lundi au soleil” de Claude François dont il écrit la musique puis avec son 2ème 45T “La musica”.

Vite catégorisé “chanteur à minettes”, il décide dès 1973 de casser cette image trop lisse en faisant la musique qu’il aime et en adoptant un look et un style glam rock à la David Bowie. Mais Juvet n’est que compositeur-interprète. Il lui faut un parolier pour lui tailler des textes sur mesure. C’est Florence Aboulker, son assistante artistique, qui lui présente Jean-Michel Jarre, qui commence à se faire un nom pour ses textes. Juvet en retient alors quatre qui seront réunis sur l’album “Love” ; trois d’entre eux sortiront sur deux 45T. Les quatre titres de Jarre seront joués à l’Olympia la même année. En 1975, Jean-Michel Jarre est aussi l’auteur de “Magic”, première face d’un nouveau 45T.

Fin 1975, Jarre, insatisfait par le manque de reconnaissance de son travail pour Christophe, reprend contact avec Juvet dont il sent le potentiel pour remplacer Polnareff parti aux Etats Unis. Le Suisse, qui a réalisé entre temps l’album “Chrysalide” avec son choriste Daniel Balavoine, se laisse convaincre et accepte le rythme de travail studieux imposé par son parolier exclusif qui travaille aussi les arrangements et trouve de nouveaux sons. Jarre obtient qu’ils aillent enregistrer à Los Angeles avec de grands musiciens américains.

JMJ : “Barclay, avec qui j’étais sous contrat, m’offre la possibilité d’aller produire les deux albums que je vais faire avec [Juvet], à Los Angeles, en travaillant avec les meilleurs musiciens du moment : les musiciens d’Herbie Hancock, des Bee Gees, etc. avec en plus des obsessions de production. A l’époque, moi j’étais très impressionné par les productions de Supertramp par exemple (…) qui avaient un son tout à fait extraordinaire et puis toute cette espèce de voix de tête très liée à l’époque.”

L’album “Mort ou vif” sort au printemps 1976 et le single “Faut pas rêver” en est extrait. Fort du succès public et critique engendré, Jarre pousse Juvet à se remettre au travail rapidement. Le compositeur-interprète, qui a découvert le disco dans les boites de Los Angeles, oriente le nouvel album vers ce style dans l’air de temps, avec plusieurs des mêmes musiciens américains que le précédent opus.

JMJ : “J’ai eu l’idée d’enregistrer la voix de Juvet à des vitesses diffèrentes et de pouvoir monter les mots avec des tonalités différentes, ce qui fait que, dans la mélodie, le timbre peu varier différemment, ce qui donne ce côté un peu plongée électronique. De plus, je passais toutes ces voix dans des pédales de guitares, des pédales de “phasing” et de “flanger” ce qui, à l’époque, n’était pas du tout dans l’air du temps. C’est ce qui donne cette espèce de voix métallique, un peu science-fiction. Finalement, il y a du futuriste dans cet album.”

Le disque “Paris by night” sort finalement en 1977 et fait un énorme carton ! Les 45T “Où sont les femmes” et “Mégalomania ” passent dans toutes les radios et les discothèques.

“Quand j’ai travaillé avec Jean-Michel Jarre sur l’album “Paris by night”, il m’a dit qu’en dehors de “Où sont les femmes ?”, il n’y aurait aucun autre morceau disco. “Les Bleus au coeur” sont devenus n° 1 et puis, dans les clubs, le public a réclamé “Où sont les femmes ?” Ce titre a balayé tout le reste.” (www.ouest-france.fr 20.06.2014)

Entre les deux albums pour Juvet, Jarre compose et enregistre un album personnel de musique instrumentale électronique : “Oxygène”… Le succès de ce disque, la relative frilosité artistique de Juvet, et enfin sa rencontre ” coup de foudre ” avec Charlotte Rampling, vont mettre fin au couple artistique qu’il forme avec le chanteur depuis deux ans.

“Il a lâché Christophe qui n’était plus gérable et m’a poussé à aller aux USA, jouer avec les meilleurs musiciens du monde. On avait senti la montée en puissance du disco ! J’ai fait les deux plus grands albums de ma carrière avec lui… Lorsqu’il est parti, je me suis senti abandonné : il y avait entre nous une amitié sans bornes.” (www.bienpublic.com, 2013)

Patrick Juvet garde un très bon souvenir de cette collaboration et mentionne régulièrement que “Mort ou vif” et “Paris by night” sont ses albums préférés. Peu après, le Suisse part s’installer aux Etats Unis pour mener une fulgurante mais courte carrière dans le disco avec son hit planétaire “I love America” produit par Bellolo et Morali, les créateurs des Village People. Après deux albums disco en anglais réalisés dans la foulée (“Got a feeling”, 1978, et “Lady Night”, 1979), et une BO pour un film de David Hamilton (“Laura : les ombres de l’été”, 1979), Juvet perd pied dès le début des années 80 et sombre dans ses addictions en même temps que son succès décline. Le revival du disco au milieu des années 90 lui permettra cependant de revenir timidement sur le devant de la scène des galas qu’il enchaîne depuis.

Juvet2Juvet3Juvet4Juvet5

Juvet6Juvet7Juvet8Juvet9Juvet10Juvet11

::Titres auxquels Jarre a participé::

  • 1973 : “Au jardin d’Alice”, “Love”, “Unisex”, “Quand vient la nuit” (paroles)
  • 1976 : “Les lunettes noires”, “Papa s’pique et maman s’shoote”, “Faut pas rêver”, “Mort ou vif”, “L’enfant aux cheveux blancs” (et musique), “Les idées molles”, “Le Chanteur du grand café”, “Le dernier rock and roll” (paroles et production)
  • 1977 : “Où sont les femmes ?”, “Paris by night”, “Pas assez de toi”, “Jessica”, “Des bleus au cœur”, “Le fantôme d’Hollywood”, “Mégalomania” (paroles et production)

::Discographie sélective::

  • 1973 : “Love” (album), “Toujours du cinéma / Au jardin d’Alice” (45T)
  • 1974 : “Love / Unisex” (45T)
  • 1975 : “Vous raconte son rêve – Olympia 1975” (album), “Magic / J’ai peur de la nuit (45T)”
  • 1976 : “Mort ou vif” (album), “Faut pas rêver / L’enfant aux cheveux blancs” (45T)
  • 1977 : “Paris by night” (album), “Où sont les femmes ? / Les bleus au cœur” (45T), “Megalomania / Jessica” (45T)
  • 1980 : “Live” (album)

::Vidéos::

Mis à jour le 01.01.2016

Nombre de consultations de cet article : 1269