Oxygène (1976)

Oxygène

Type: album studioAnnée de sortie: 1976 (France), 1977 (Monde) | Formats disponibles: LP, K7, CD, MD | Editeur: Francis Dreyfus Music | Distribution: Motors (1976), Disques Dreyfus (1983), Polygram (1989), Sony (1992) | Ventes internationales: 14 millions


:: Track-list ::

1- Oxygène Part I – 8:00
2- Oxygène Part II – 7:48
3- Oxygène Part III – 2:56
4- Oxygène Part IV – 4:15
5- Oxygène Part V – 10:23
6- Oxygène Part VI – 6:19
Durée totale : 39:41


Premier succès mondial pour Jean Michel Jarre avec cet album à l’ambiance très “planante”. Dès sa sortie l’album se classe n°1 des ventes partout dans le monde.

L’album est révolutionnaire pour l’époque notamment grâce à une utilisation extrêmement judicieuse de la stéréo. Jean Michel Jarre construit avec Oxygène une symphonie électronique et fait face à ses “concurrents” de l’époque (Kraftwerk, Tangerine Dream, Klaus Schulze,…). Il prouve que les synthétiseurs ont un pouvoir poétique et qu’ils ne se limitent pas à la production de bruitages mis bout à bout ou encore qu’ils n’ont pas pour seule vocation d’imiter des instruments acoustiques. Il en ressort donc un album riche à l’ambiance très aérienne.

L’album est enregistré dans l’appartement de Jean Michel Jarre sur un magnétophone huit pistes. Les six morceaux qui composent l’album sont une vraie bouffée d’oxygène en 1976 alors que la France traverse une sécheresse sans précédent.

Un instrument en particulier est utilisé dans presque chaque morceau : l’Eminent. Cette machine plus proche de l’orgue que du synthétiseur est destinée à produire des sons de strings (cordes) avec un grain si particulier qu’on le reconnait instantanément. Ce clavier est en grande partie responsable de la signature sonore si particulière de cet album grâce à l’emploi de pédales pour guitaristes : la Small Stone et l’Electric Mistress. Jean Michel Jarre passe le son de l’Eminent à travers ces pédales et obtient un son bien plus profond.

La pochette du disque est signée par Michel Granger dont Jean Michel Jarre utilisera plusieurs peintures afin d’illustrer les pochettes de ses futurs albums.

Une suite à cet album a été réalisée 20 ans plus tard au travers d’Oxygène 7-13.

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Clips :
– Oxygène 4
– Oxygène 4

Concerts affiliés :
La Concorde

Instruments utilisés :
ARP 2500
ARP 2600
Eko Computerythm
– Electro-Harmonix Electric Mistress
– Electro-Harmonix Small Stone
Eminent 310 U
EMS Synthi AKS
EMS VCS3
Farfisa Professional
– Korg Mini Pops 7 (Rhythmin’ Computer)
– Maestro Echoplex Tape Delay
Mellotron 400SM
RMI Harmonic Synthesizer

Article rédigé par C.Geff et yota7_13

OxygeneCe qu’en dit JMJ:

(01.10.2015 – Noisey) “C’est le premier album qui m’a fait connaître au public, il répondait à mon obsession de créer un pont entre la musique électronique expérimentale et la pop. J’en parlais avec M83 l’autre jour, qui est lui aussi présent sur Electronica, de la manière dont la musique électronique est souvent associée au beat tandis que pour nous, que ce soit moi, Air, Massive Attack ou Vince Clark, la mélodie est à la limite aussi importante que le beat. Et il ne faut pas oublier que la musique électronique est issue de l’Europe continentale, essentiellement la France et l’Allemagne. Stockhausen, Pierre Henry, Pierre Schaeffer. Aussi Art Of Noise et Russolo en Italie, Leon Theremin en Russie. C’est vraiment une musique qui n’a rien à voir avec les Etats-Unis, le jazz, le rock ou le blues. Elle est fondamentalement issue de la musique classique avec ces longues plages instrumentales qui n’ont rien à voir avec la pop. Et Oxygène procède de cette idée.

Comme Moby le raconte dans un documentaire qu’on a tourné, la première fois qu’il a entendu ça, ça n’avait rien à voir avec sa culture. En tant que jeune banlieusard américain, il était en face d’une certaine idée de la beauté impressionniste, de la science-fiction, et d’une idée du futur. Il y avait également un côté très dark, sur la pochette déjà, avec ce skull qui enveloppe la Terre [une peinture signée Michel Granger]. C’était fondamentalement non-américain.

Il y a aussi le fait que je n’ai jamais mis la technologie en avant. Plein de gens ne savaient pas que cet album était entièrement fait avec des instruments électroniques et non des instruments connus. L’album avait été refusé par toutes les maisons de disque, je ne parle même pas des pays anglo-saxons vu que c’était français, donc c’était encore plus compliqué…

J’imagine !
Et finalement, ce sont les Disques Dreyfus qui ont décidé de le sortir, et il a eu le succès qu’on a connu ensuite. Le disque a fortement contribué à populariser la musique électronique. Après Oxygène, le genre n’était plus considéré comme un truc fait par une poignée d’allumés dans leur laboratoire.

Comment vous expliquez qu’un disque si peu commercial ait autant marché [plus grosse vente française à ce jour] ?
Je me souviens déjà de ma mère qui me disait à l’époque « mais pourquoi tu appelles ton album avec le nom d’un gaz et pourquoi tu mets un squelette sur la pochette ? » ! Effectivement, je n’avais mis aucune chance de mon côté pour que ça fonctionne. Mais je pense que c’était inconsciemment en phase avec l’époque, avec les gens, et une vision poétique du futur. Après l’an 2000, ça a été l’inverse, on est devenus orphelins de notre futur. Aujourd’hui, les héros de science-fiction sont des héros des années 40, Marvel, etc, on recycle, on regarde dans le rétroviseur. Désormais, on vit dans l’angoisse du futur.

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