Oxygène

Type: album studio | Année de sortie : 1976 (France), 1977 (International) | Labels originaux : Disques Motors (France), Polydor (International) | Formats physiques : LP, K7, 8T, CD (1983), MD (1997) | Ventes globales : 12-18 millions


:: Track-list ::

1- Oxygène part I – 8:00
2- Oxygène part II – 7:48
3- Oxygène part III – 2:56
4- Oxygène part IV – 4:15
5- Oxygène part V – 10:23
6- Oxygène part VI – 6:19
Durée totale : 39:41


Premier succès mondial pour Jean Michel Jarre avec cet album à l’ambiance très « planante ». Dès sa sortie l’album se classe n°1 des ventes partout dans le monde.

L’album est révolutionnaire pour l’époque notamment grâce à une utilisation extrêmement judicieuse de la stéréo. Jean-Michel Jarre construit avec Oxygène une symphonie électronique et fait face à ses « concurrents » de l’époque (Kraftwerk, Tangerine Dream, Klaus Schulze,…). Il prouve que les synthétiseurs ont un pouvoir poétique et qu’ils ne se limitent pas à la production de bruitages mis bout à bout ou encore qu’ils n’ont pas pour seule vocation d’imiter des instruments acoustiques. Il en ressort donc un album riche à l’ambiance très aérienne.

L’album est enregistré dans l’appartement de Jean Michel Jarre sur un magnétophone huit pistes. Les six morceaux qui composent l’album sont une vraie bouffée d’oxygène en 1976 alors que la France traverse une sécheresse sans précédent. Jean-Michel a composé une partie de cet album avec un électronicien du nom de Michel Geiss qu’il a rencontré pendant qu’il le composait.

Un instrument en particulier est utilisé dans presque chaque morceau : l’Eminent. Cette machine plus proche de l’orgue que du synthétiseur est destinée à produire des sons de strings (cordes) avec un grain si particulier qu’on le reconnait instantanément. Ce clavier est en grande partie responsable de la signature sonore si particulière de cet album grâce à l’emploi de pédales pour guitaristes : la Small Stone et l’Electric Mistress. Jean Michel Jarre passe le son de l’Eminent à travers ces pédales et obtient un son bien plus profond.

La pochette du disque est signée par Michel Granger dont Jean Michel Jarre utilisera plusieurs peintures afin d’illustrer les pochettes de ses futurs albums.

Cet album a donné jour à une trilogie: une suite a été réalisée 19 ans plus tard au travers d’Oxygène 7-13 en 1997, et un album Oxygène 3, dit « l’ultime chapitre » pour les 40 ans de sa sortie d’origine en 2006 proposé également en coffret avec 3 disques.

(Article rédigé par C.Geff, yota7_13, Jérôme)


::Instruments::
ARP 2600 | Eko Computerythm (Rhythmin’ Computer) | Electro-Harmonix Electric Mistress | Electro-Harmonix Small Stone | Eminent 310 U | EMS Synthi AKS | EMS VCS3 | Farfisa Professional | Korg Mini Pops 7 | Maestro Echoplex Tape Delay | Mellotron 400SM | RMI Harmonic Synthesizer

::Discographie française originale::

Album
– 1976 – LP : 2933 207 | K7 : 3222 215 | 8T : 3819 201 |
Label Disques Motors, mastering Translab, distribution Polydor
– 1983 – CD : FDM CD-77000
Label Disques Dreyfus, mastering Translab, distribution CBS
– 1997 – MD : FDM 36140-8
Label Disques Dreyfus, mastering Masterdisk, distribution Sony Music France

Singles et clips
– 1976 – Oxygène (part IV) – voir le clip
45T : 2097 214
– 1977 – Oxygène 2
45T : 2097 227

Lire aussi la discographie d’Oxygène

::Ventes & Récompenses::
Ventes estimées France : 1 500 000 (source chartsinfrance.net) –
1 800 000 (source infodisc.fr)
Meilleur classement des ventes d’albums en France : n°1 (source infodisc.fr, artiste J-Michel JARRE)
Certification France : Disque d’Or* soit 100 000 ventes (source infodisc.fr, artiste J-Michel JARRE)
Grand Prix de l’Académie Charles Cros 1976.

*= à cette époque, il n’y a pas de certification plus élevée (le Disque de Platine ne sera « inventé » qu’en 1980, le Disque de Diamant en 1988).

::Concerts affiliés::
–Paris bleu blanc rouge (La Concorde, 1979) : Oxygène et Equinoxe joué dans le désordre
– Oxygène live à Marigny (2007) : Oxygène joué dans l’ordre en intégralité avec ses variations
– Oxygène Tour (2008) : Oxygène rejoué dans l’ordre en intégralité avec ses variations


Ce qu’en dit JMJ:

(01.10.2015 – Noisey) « C’est le premier album qui m’a fait connaître au public, il répondait à mon obsession de créer un pont entre la musique électronique expérimentale et la pop. J’en parlais avec M83 l’autre jour, qui est lui aussi présent sur Electronica, de la manière dont la musique électronique est souvent associée au beat tandis que pour nous, que ce soit moi, Air, Massive Attack ou Vince Clark, la mélodie est à la limite aussi importante que le beat. Et il ne faut pas oublier que la musique électronique est issue de l’Europe continentale, essentiellement la France et l’Allemagne. Stockhausen, Pierre Henry, Pierre Schaeffer. Aussi Art Of Noise et Russolo en Italie, Leon Theremin en Russie. C’est vraiment une musique qui n’a rien à voir avec les Etats-Unis, le jazz, le rock ou le blues. Elle est fondamentalement issue de la musique classique avec ces longues plages instrumentales qui n’ont rien à voir avec la pop. Et Oxygène procède de cette idée.

Comme Moby le raconte dans un documentaire qu’on a tourné, la première fois qu’il a entendu ça, ça n’avait rien à voir avec sa culture. En tant que jeune banlieusard américain, il était en face d’une certaine idée de la beauté impressionniste, de la science-fiction, et d’une idée du futur. Il y avait également un côté très dark, sur la pochette déjà, avec ce skull qui enveloppe la Terre [une peinture signée Michel Granger]. C’était fondamentalement non-américain.

Il y a aussi le fait que je n’ai jamais mis la technologie en avant. Plein de gens ne savaient pas que cet album était entièrement fait avec des instruments électroniques et non des instruments connus. L’album avait été refusé par toutes les maisons de disque, je ne parle même pas des pays anglo-saxons vu que c’était français, donc c’était encore plus compliqué…

J’imagine !
Et finalement, ce sont les Disques Dreyfus qui ont décidé de le sortir, et il a eu le succès qu’on a connu ensuite. Le disque a fortement contribué à populariser la musique électronique. Après Oxygène, le genre n’était plus considéré comme un truc fait par une poignée d’allumés dans leur laboratoire.

Comment vous expliquez qu’un disque si peu commercial ait autant marché [plus grosse vente française à ce jour] ?
Je me souviens déjà de ma mère qui me disait à l’époque « mais pourquoi tu appelles ton album avec le nom d’un gaz et pourquoi tu mets un squelette sur la pochette ? » ! Effectivement, je n’avais mis aucune chance de mon côté pour que ça fonctionne. Mais je pense que c’était inconsciemment en phase avec l’époque, avec les gens, et une vision poétique du futur. Après l’an 2000, ça a été l’inverse, on est devenus orphelins de notre futur. Aujourd’hui, les héros de science-fiction sont des héros des années 40, Marvel, etc, on recycle, on regarde dans le rétroviseur. Désormais, on vit dans l’angoisse du futur.

> Et aussi: L’interview en 2018 de JMJ par le fan Elf sur Oxygène

 

Jarrecast spécial Oxygène par Stany Balland (Voir tous les épisodes sur sa playlist Youtube)


Lire aussi notre dossier : Oxygène 50 ans

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Foire aux questions sur Oxygène

Les chiffres varient selon les sources et les méthodes de comptabilisation. On estime généralement les ventes mondiales d’Oxygène à environ 15 à 18 millions d’exemplaires. Jean-Michel Jarre a lui-même évoqué environ 15 millions de ventes, tandis que l’INA parle de plus de 18 millions. Il est donc préférable, pour un site de référence, de parler de plus de 15 millions d’exemplaires vendus dans le monde, plutôt que de présenter un chiffre unique comme absolument certain.

Oxygène est célèbre parce qu’il a démontré qu’une musique presque entièrement instrumentale et électronique pouvait toucher un immense public. L’album associe des mélodies immédiatement mémorisables à des séquences répétitives et à des sonorités de synthétiseurs alors encore relativement nouvelles pour le grand public.
Le succès d’« Oxygène Part IV », diffusé massivement par les radios, joue également un rôle déterminant. L’album atteint notamment la première place en France et la deuxième place au Royaume-Uni.

Oxygène transforme Jean-Michel Jarre en artiste international Avant 1976, il avait déjà une expérience importante de la composition et de la musique électronique, mais il restait relativement peu connu du grand public.
Le succès mondial de l’album lui permet ensuite de produire ses œuvres avec davantage de moyens et de développer une nouvelle conception du spectacle musical. Il peut notamment créer ses grands concerts en plein air, qui deviendront l’une des signatures de sa carrière. Oxygène devient donc à la fois son premier grand succès international et la base de toute sa carrière future.

Jean-Michel Jarre a composé Oxygène en travaillant principalement seul dans son studio personnel installé dans son appartement parisien. Il disposait alors de moyens relativement limités et enregistrait sur une technologie multipiste beaucoup plus rudimentaire que celle disponible aujourd’hui.
Il utilise notamment des synthétiseurs analogiques comme l’ARP 2600, l’EMS VCS3 et le Synthi AKS, ainsi que des séquenceurs, des boîtes à rythmes, un Mellotron et différents effets.
L’ingénieur et musicien Michel Geiss joue également un rôle important dans la mise au point et l’utilisation de certains instruments.

Oxygène a été enregistré principalement dans le home-studio de Jean-Michel Jarre, installé dans son appartement à Paris, rue de La Trémoille, près des Champs-Élysées.
Le mixage final a ensuite été réalisé au studio Gang, à Paris, par Jean-Pierre Janiaud et son assistant Patrick Foulon.

Jean-Michel Jarre a expliqué qu’il avait réalisé le premier *Oxygène* en environ six semaines, avec des moyens très limités. Les indications discographiques situent néanmoins la période de travail et d’enregistrement au cours de l’été et de l’automne 1976, avant le mixage final.
Il faut donc distinguer le temps de création et d’enregistrement de la musique du processus complet de fabrication du disque.

Le titre Oxygène vient directement d’une œuvre de l’artiste Michel Granger.
Jarre avait découvert cette peinture dans une galerie parisienne et l’avait achetée. L’œuvre s’appelait déjà Oxygène. Lorsque Jarre préparait son album, il a décidé de conserver ce titre parce qu’il estimait qu’il correspondait parfaitement à l’esprit de sa musique.
La peinture existait donc avant l’album et avant que le disque porte ce nom.

La pochette représente une terre ouverte ou fragmentée, laissant apparaître un crâne humain derrière une couche atmosphérique.
L’image possède une dimension écologique : Michel Granger avait créé cette œuvre dans le cadre d’une série consacrée aux dommages causés à la planète. Le contraste entre la Terre, l’oxygène et le crâne évoque ainsi la fragilité de notre environnement et la menace qui pèse sur l’humanité.
Jarre a également expliqué que son intérêt pour les questions environnementales existait déjà à cette époque, même s’il les abordait davantage de manière poétique et symbolique que politique.

La pochette a été réalisée par Michel Granger, peintre et illustrateur français.
L’image était à l’origine une aquarelle de format rectangulaire. Granger l’a ensuite adaptée au format carré du disque. Cette collaboration est devenue l’une des associations artistiques les plus emblématiques de la carrière de Jean-Michel Jarre.

Oui, dans un sens large. Oxygène ne raconte pas une histoire avec des personnages ou une intrigue précise comme pourrait le faire un album conceptuel traditionnel. En revanche, l’ensemble possède une forte unité artistique et thématique.
Les six parties s’enchaînent comme les différentes étapes d’un même voyage sonore, tandis que le titre et la pochette donnent à l’ensemble une dimension liée à la Terre, à l’environnement et à l’espace.
Jarre a lui-même expliqué que la peinture de Michel Granger ne devait pas être considérée comme une simple illustration : elle faisait partie du concept de l’album.

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